Histoire de l’informatique : de l’abaque à l’ordinateur
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Histoire de l’informatique : de l’abaque à l’ordinateur
Du boulier aux premiers ordinateurs géants, en passant par Pascal, Babbage, Ada Lovelace et Alan Turing. L’histoire et l’origine de l’ordinateur racontées simplement, avec une frise et des fiches à télécharger.
J’enseigne la technologie au collège depuis 2014, et quand j’annonce en classe que l’ordinateur n’est pas né avec l’écran plat de la salle info, ça surprend toujours. Son histoire commence il y a des milliers d’années, avec de simples cailloux pour compter. Cette page raconte ce long chemin, de l’abaque jusqu’à l’ordinateur d’aujourd’hui, avec une frise à retenir et des fiches à télécharger pour réviser.
On croit souvent que tout a commencé dans les années 1980, avec les premiers ordinateurs à la maison. Faux. L’origine de l’ordinateur plonge bien plus loin, dans le besoin très ancien de compter vite et sans se tromper. Suivons le fil, du caillou au processeur.
D’où vient le mot « informatique » ?
Le mot est plus jeune que la chose. « Informatique » est un mot français, inventé en 1962 par l’ingénieur Philippe Dreyfus. Il a collé ensemble deux mots : information et automatique. L’idée tient dans ce mélange : traiter de l’information de façon automatique, c’est-à-dire par une machine, sans qu’un humain refasse chaque calcul à la main. Le terme a tellement plu qu’il est vite devenu officiel en France. En anglais, on parle plutôt de computer science, la « science des calculateurs ».
Avant l’ordinateur : compter et calculer
Bien avant l’électricité, les humains cherchaient déjà à calculer plus vite. Le premier « outil » de calcul, c’est l’abaque, puis le boulier : un cadre avec des boules qui glissent sur des tiges. On le trouve en Chine, au Japon, en Russie, depuis l’Antiquité. Un bon utilisateur de boulier calcule redoutablement vite, à la main. Ce n’est pas une machine, mais c’est déjà l’idée de représenter des nombres avec des objets.
Le grand saut arrive en 1642. Un jeune Français de 19 ans, Blaise Pascal, invente une machine à calculer pour aider son père, qui croulait sous les comptes d’impôts. C’est la Pascaline : une boîte avec des roues dentées qui additionnent et soustraient automatiquement. Quand une roue fait un tour complet, elle fait avancer la roue voisine d’un cran, exactement comme une retenue que l’on pose en calcul. C’est la première fois qu’une mécanique remplace vraiment le calcul de tête.
Deuxième idée décisive, mais qui vient d’un tout autre monde : le tissage. En 1801, Joseph Marie Jacquard met au point un métier à tisser commandé par des cartes perforées. Le principe est génial de simplicité : là où la carte est trouée, un fil passe ; là où elle est pleine, il ne passe pas. En changeant les cartes, on change le motif du tissu sans rien reprogrammer à la main. Ce trou / pas trou, c’est déjà une façon de coder de l’information. Les ordinateurs se serviront de cartes perforées pendant plus d’un siècle.
Les pionniers : Babbage et Ada Lovelace
Direction l’Angleterre, au XIXᵉ siècle. Le mathématicien Charles Babbage en a assez des tables de calcul remplies d’erreurs. Il imagine une énorme machine à engrenages, la machine analytique, capable d’enchaîner des calculs en suivant des instructions données par des cartes perforées (l’idée de Jacquard, reprise pour le calcul). Sur le papier, c’est déjà un ordinateur mécanique : une mémoire, une unité de calcul, des instructions. Le hic : la mécanique de l’époque était trop limitée, et la machine n’a jamais été terminée de son vivant.
Autour de Babbage gravite une jeune mathématicienne, Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron. En étudiant la machine analytique, elle rédige vers 1843 une série d’instructions destinées à la faire fonctionner. Elle comprend surtout une chose que personne ne voyait encore : cette machine ne servirait pas qu’aux nombres, elle pourrait traiter n’importe quel symbole, de la musique par exemple. C’est pour cette vision qu’on la considère souvent comme la première programmeuse de l’histoire. Pas mal, pour une machine qui n’existait même pas vraiment.
Alan Turing et la machine universelle
Grand bond en avant, dans les années 1930. Le mathématicien britannique Alan Turing pose une question de fond : qu’est-ce qu’une machine peut vraiment calculer ? Il décrit en 1936 une machine imaginaire, très simple sur le papier, qui pourrait résoudre n’importe quel problème calculable en suivant des règles. On l’appelle la machine de Turing. C’est un modèle théorique, pas un objet, mais c’est la base de l’idée d’ordinateur « universel » : une seule machine capable de tout faire, selon le programme qu’on lui donne.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Turing travaille au Royaume-Uni à décrypter les messages codés de l’armée allemande, chiffrés par la machine Enigma. Avec son équipe, il conçoit des machines électromécaniques pour tester très vite des milliers de combinaisons. Ce travail, resté secret pendant des décennies, a montré à quel point une machine pouvait dépasser l’humain sur des tâches répétitives. Turing reste aujourd’hui une figure fondatrice de l’informatique.
Les premiers ordinateurs, puis le microprocesseur
Les vrais premiers ordinateurs électroniques arrivent dans les années 1940. Le plus célèbre est l’ENIAC, mis en service aux États-Unis en 1945. Et là, oublie le portable : l’ENIAC pesait environ 30 tonnes, occupait une salle entière et contenait près de 18 000 tubes électroniques (des sortes de grosses ampoules). Il chauffait, il tombait souvent en panne, mais il calculait des milliers de fois plus vite qu’un humain. Le programmer, c’était rebrancher des câbles à la main pendant des heures.
Deux inventions vont tout miniaturiser. D’abord le transistor, mis au point en 1947 aux laboratoires Bell : un minuscule composant qui remplace le gros tube fragile. Puis, en 1971, l’entreprise Intel sort le premier microprocesseur : tout le cœur de calcul de l’ordinateur tient désormais sur une seule puce, plus petite qu’un ongle. En gros, on est passé d’une salle entière à un composant qu’on tient au bout du doigt. C’est ce qui rend possible l’ordinateur personnel.
La micro-informatique et Internet
À partir des années 1970-1980, grâce au microprocesseur, l’ordinateur quitte les grandes entreprises et entre à la maison. C’est la micro-informatique : des machines assez petites et assez abordables pour un particulier, avec un clavier et un écran. On commence à jouer, à écrire, à programmer chez soi.
Reste à les faire communiquer. Les réseaux relient d’abord quelques ordinateurs entre universités, puis se connectent les uns aux autres pour former Internet. Le vrai déclic pour le grand public, c’est le Web, inventé en 1989-1991 par Tim Berners-Lee : les pages, les liens, les adresses qui commencent par www. En quelques années, l’ordinateur passe d’une machine à calculer à une fenêtre ouverte sur le monde entier. Le smartphone que tu as en poche est, au fond, l’héritier direct de la Pascaline.
La frise de l’histoire de l’informatique
Voici les grandes étapes à retenir, dans l’ordre. C’est la frise que je projette au tableau :
| Date | Événement |
|---|---|
| Antiquité | Abaque puis boulier, premiers outils de calcul |
| 1642 | Pascal invente la Pascaline, machine à additionner |
| 1801 | Métier à tisser Jacquard et cartes perforées |
| vers 1837 | Babbage imagine la machine analytique |
| vers 1843 | Ada Lovelace, premières idées de programme |
| 1936 | Turing décrit sa machine universelle |
| 1945 | ENIAC, un des premiers ordinateurs électroniques |
| 1947 | Invention du transistor |
| 1971 | Premier microprocesseur (Intel) |
| années 1970-80 | La micro-informatique entre à la maison |
| 1989-1991 | Naissance du Web (Tim Berners-Lee) |
📌 Je retiens
- « Informatique » = information + automatique, mot français de 1962.
- La Pascaline (1642) est une des premières machines à calculer ; les cartes perforées de Jacquard (1801) codent de l’information.
- Babbage imagine l’ordinateur mécanique, Ada Lovelace en écrit le premier « programme ».
- Turing pose la théorie ; l’ENIAC (1945) est géant ; le microprocesseur (1971) fait tout tenir sur une puce.
Fiches à télécharger
Voici les documents que je distribue en classe pour réviser l’histoire de l’informatique et le fonctionnement de l’ordinateur. À imprimer ou à garder sur la tablette.
Questions fréquentes
D’où vient le mot informatique ?
C’est un mot français créé en 1962 par Philippe Dreyfus. Il combine « information » et « automatique » : l’informatique, c’est le traitement automatique de l’information par une machine. Le terme est ensuite devenu officiel en France.
Qui a inventé le premier ordinateur ?
Il n’y a pas un seul inventeur. Charles Babbage a imaginé le premier ordinateur mécanique au XIXᵉ siècle, mais il n’a jamais été achevé. Les premiers ordinateurs électroniques qui ont vraiment fonctionné datent des années 1940, comme l’ENIAC (1945) aux États-Unis. L’ordinateur est le fruit du travail de nombreuses personnes.
C’est quoi la Pascaline ?
C’est une machine à calculer inventée en 1642 par Blaise Pascal, alors âgé de 19 ans, pour aider son père à faire ses comptes. Grâce à des roues dentées, elle additionne et soustrait toute seule, avec un système de retenue automatique. C’est une des toutes premières machines à calculer de l’histoire.
Qui est Ada Lovelace ?
Ada Lovelace (1815-1852) était une mathématicienne anglaise, fille du poète Lord Byron. En étudiant la machine analytique de Babbage, elle a écrit vers 1843 une suite d’instructions pour la faire fonctionner. On la considère souvent comme la première programmeuse de l’histoire, car elle a compris qu’une machine pouvait traiter bien plus que des nombres.
Pour aller plus loin
Tous ces ordinateurs, du plus gros au plus petit, ne comprennent au fond qu’une chose : des 0 et des 1. Pour voir comment, découvre le langage binaire. Et pour comprendre ce que sont capables de faire les machines d’aujourd’hui, jette un œil à l’intelligence artificielle expliquée simplement.
